Sur les traces de Vercingétorix

A découvrir en chemin : Alise-Saint-Reine

1Un peu d'histoire

Il faudrait un livre entier pour évoquer en détails Alise-Sainte-Reine. Essayons de nous concentrer sur les éléments que vous rencontrerez pendant votre balade.

Site archéologique célèbre de la Côte-d'Or, théâtre à présent certain de la bataille d'Alésia en 52 avant notre ère, il figure parmi les plus importants d'Europe pour cette période. Les monnaies et l'arsenal, tant gaulois que romain mis à jour, se placent eux aussi parmi les plus riches collections d'Europe.

Sur cet oppidum, Vercingétorix se replia avec son armée (environ 80 000 hommes selon les dires de César, sans doute beaucoup moins en réalité. Tout autour, César fit effectuer une double rangée de fortifications atteignant 35,7 km. La contrevallation de 15 km enfermait les assiégés, la circonvallation de 20,7 km protégeait les assiégeants. On comptait environ 1 500 tours en bois, 40 km de fossés. On estime à 40 000 le nombre de personnes affectées à la construction des fortifications, soit environ 1 m par homme (l'armée romaine, forte de dix à douze légions, comptait environ 50 à 60 000 militaires, mais elle était accompagnée par autant de mercenaires, esclaves, marchands, prostituées…etc, soit 100 à 120 000 personnes !). Les fouilles et la photographie aérienne ont permis de retrouver l'emplacement presque complet de ces défenses. Les études récentes sur la datation, sur les quantités d'eau disponibles, sur les possibilités de manœuvres de tous ces corps d'armées, ainsi que les photographies Lidar (télédétection par laser), ne font que confirmer sans cesse la localisation du site.

La statue de Vercingétorix domine aujourd'hui la contrée autour de laquelle furent entrepris plusieurs chantiers de fouilles. On découvrit ainsi des vestiges d'un village gaulois sous une voie romaine et entre le cimetière et le théâtre des Roches (Lieu-dit "En Curiot"). Un murus-gallicus, rempart gaulois  fait de pierres et de poutres entrecroisées liées par d'énormes clous, protégeait la partie dépourvue de falaises. Si les vestiges sont invisibles, tous comme ceux découverts à l'extrémité est, on peut repérer le murus-gallicus qui protégeait la pointe ouest, caché sous la levée de terre proche de la statue de Vercingétorix et sur lequel est piquée une croix métallique. Lors de fouilles préventives du site du futur musée archéologique, une voie gauloise et de nouveaux habitats ont été encore une fois mis à jour. Tout ceci, ajouté à l'important mobilier stocké dans les réserves des musées du bourg, prouve l'occupation celte avant l'arrivée des Romains.

L'assimilation d'Alise-Sainte-Reine avec Alésia a été consacrée par Napoléon III dans les années 1860. C’est lui qui entreprend les premières fouilles importantes du mont Auxois. Au pied du mont Réa, plus de 450 monnaies gauloises dont une grosse moitié appartient aux trois peuples les plus engagés dans la guerre des Gaules, les Arvernes, les Séquanes et les Éduens, sont mises à jour.

Après la bataille d'Alésia, les fouilles ont montré l'occupation des lieux par une ville gallo-romaine. On trouve les vestiges d'un théâtre de 5 000 places, caractéristique de la Gaule Romaine. Un temple dédié à Jupiter élevé sur un podium se dressait tout à côté, entouré d'une enceinte, construite au IIe de notre ère. On trouve ensuite une basilique regroupant les fonctions politiques et judiciaires, puis le forum. Les fouilles ont également dégagé des ruelles, colonnades, soubassements de maisons et commerces… sans oublier la "maison d'Ucuétis", sorte de maison corporative des métallurgistes.

À l'extrémité est de l'oppidum, les fouilles de la Croix Saint-Charles ont permis de mettre à jour les fondations de plusieurs temples, dont un dédié à Apollon-Moritasgus avec des thermes, piscines d'eaux froides et chaudes.

Une voie antique s'étirait jadis sur toute la longueur de l'oppidum. La route sablée actuelle est légèrement décalée par rapport aux origines. On y croise une copie de borne milliaire.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Vue aérienne d'Alise-Sainte-Reine
Vue aérienne des fouilles
La statue de Vercingétorix

2L'église Saint-Léger

Alise-Sainte-Reine, implantée sur la pente du mont Auxois, conserve l’église Saint-Léger VIIIe remaniée qui a perdu son clocher à la fin du XXe. Un mini clocher accueille néanmoins les cloches. On remarque sur le côté du sanctuaire, abrité dans une niche, le buste du chanoine Kir, maire de Dijon de 1945 à 1965, né à Alise-Sainte-Reine, inhumé dans le cimetière local qui possède une croix avec lutrin.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Buste du Chanoine Kir

3Les musées

En flânant dans les rues, on découvre les deux anciens musées d’Alésia. Le plus petit, musée municipal placé près de l'hôpital, fut édifié par Napoléon III et achevé en 1862. Premier musée de site construit en France et un des premiers du genre en Europe, il ferma en 1972 et verra ses collections remonter dans le second musée avec lequel il cohabita plusieurs années.

Le second, musée de la Société des Sciences de Semur-en-Auxois, occupe deux auberges de pèlerins du XVIIe, l'auberge du Croissant et celle des Raisins (ou du raisin), dont les noms sont évoqués par des sculptures en bas-relief sur les façades. Rachetées au début du XXe par la Société des Sciences Historiques de Semur, elles sont restaurées et réaménagées par l'architecte Chaussemiche et à la Commission des fouilles d'Alesia. La tour carrée centrale accueille un observatoire. Il sera fermé à son tour en 2005.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Musée
Le musée Napoléonien

4Les vieilles maisons et le petit patrimoine

Alise recèle de vieilles maisons, un pigeonnier carré couvert en laves, une statue de Jeanne d’Arc, une piéta abritée dans une niche, de nombreuses croix et plusieurs beaux calvaires. Situé dans la pente, le lavoir est doté de deux bacs à laver décalés pour s'adapter au terrain.

Lavoir

5René-Philippe Epery

Le 9 juin 1857 naquit à Ménétreux-le-Pitois, René-Philippe Epery qui deviendra  un archéologue bourguignon renommé. Conseiller municipal, puis maire d'Alise en 1898, il est présent en 1905 lors de la décision de reprise des fouilles du Mont-Auxois. Ayant découvert l'emplacement du théâtre gallo-romain, il achète les parcelles et en fait don à la commune. Il propose également la construction d'un escalier rejoignant la statue de Vercingétorix. Mais le conseil trouvant le projet trop couteux, il fait l'acquisition du terrain nécessaire, paye les travaux puis en fait don à la commune qu'il administrait. Plus tard, après la scission intervenue entre le commandant Émile Espérandieu et le Comité des fouilles de la Société de Semur, le docteur Epery proposa à son ami Espérandieu, d'entreprendre des fouilles au lieu-dit "La Croix Saint-Charles", dans des terrains qui lui appartenaient et sur les propriétés de plusieurs habitants d'Alise qui avaient leur autorisation. Ceci amena à la découverte du sanctuaire d'Appolon-Moritasgus.

Docteur René Epery
La montée d'Epery

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