Sur les traces de Vercingétorix

A découvrir en chemin : Sainte Reine

1Fontaine et chapelle Saint-Reine

Au centre du village, la fontaine Sainte-Reine voisine la chapelle Sainte-Reine XVIIe, ancienne chapelle du couvent des Cordeliers Franciscains, autrefois situé sur la droite. Édifiée en 1666, victime d'un incendie en 1796, elle sera reconstruite et agrandie au milieu du XIXe. Si la porte est ouverte, profitez-en pour la visiter, admirer son étonnante galerie en bois et ses décors sculptés éclairés par de grandes verrières.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Alise-Sainte-Reine
Chapelle Sainte-Reine

2Reine

En l'an 253, la jeune Reine, orpheline de seize ans, gardait les troupeaux de moutons au pied du mont Auxois, là où vous trouverez aujourd’hui sa statue. Vint à passer le proconsul des Gaules Olibrius qui en tomba immédiatement amoureux. Mais Reine était chrétienne et lui adorateur des dieux romains. Pour ne pas abjurer sa foi, Reine refusa sa main au proconsul. Il la fit emprisonner, espérant la faire changer d’avis. Mais rien n’y fit. Elle fut martyrisée à de multiples reprises, puis finalement, décapitée. Une source jaillit aussitôt à l’endroit où sa tête toucha le sol. Source sacrée bien sûr ! 

Cependant, on ne sait plus à quel moment le culte de Reine fut institué et la source reconnue comme miraculeuse. Un autel dédié à la sainte est érigé au XVe près de la source, que l'on abrite alors dans une chapelle pour la protéger. En 1644, François Marmesse rapporte une relique de sainte Reine à Alise. Bientôt, des dizaines de milliers de pèlerins venus de l'Europe entière arrivent au village. Chapelets, livres de dévotion, images saintes, tout un commerce de marchandises pieuses se développe. On vend l'eau de la source aux marchands qui la distribuent à Paris et à la Cour. En 1689, la source devenant trop petite, on installe les pèlerins curistes, sans trop de scrupules, à la fontaine de Grésigny, sur le flanc nord de la montagne ! Inutile de dire que des polémiques s'installent quant aux vertus miraculeuses de cette nouvelle source !

Aujourd'hui, les plus bavards vous diront que la source sacrée ne serait connue que depuis le XVe siècle ! D'autres que la vraie source sacrée se trouve à l'extrémité est de la ville, près de la croix Saint-Charles, là où furent découverts les vestiges de thermes. Une source qui alimente toujours l'hôpital ! Chaque année depuis 866, les habitants jouent la représentation du mystère de Sainte Reine en sa mémoire, ce qui en fait le plus ancien mystère célébré en France sans interruption, sauf pendant quelques années de guerre.

Le théâtre des Roches, capable de recevoir 2000 personnes, fut construit dans une ancienne carrière en s'inspirant des modèles antiques comme celui d’Orange, avec un immense fond de scène, pour accueillir en priorité cette célèbre pièce de théâtre en vers. De 1939 à 1985, la main-œuvre comptera des habitants, des prisonniers allemands et des fouilleurs du site archéologique. L’initiative en revient au curé d’Alise, l’abbé Louis Jovignot. Pendant la guerre, dans le parc de la maison Jouard où il demeurait, il organisait à l’insu des Allemands le mystère de Sainte-Reine. La messe d'inauguration se déroula le 7 juillet 1947. Elle fut suivie de la présentation de Britannicus par la troupe du théâtre "Art et Education" de Paris.

Les vestiges de la basilique Sainte-Reine du VIIe, se cachent à l'entrée du site archéologique de la ville gallo-romaine, mais ont été recouverts par protection. Plus de 250 sépultures (la plupart étant des sarcophages) y ont été mises à jour.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Statue

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